mardi 4 octobre 2011

Trudy Bolter, FIGURES DE L'ÉCRIVAIN DANS LE CINÉMA AMÉRICAIN, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2001, 298 pages.

L'élasticité et l'ouverture des noms "livre" et "écrivain" et du verbe "écrire" sont en partie dues au fait qu'en Amérique, où les récompenses accordées aux écrivains à succès sont considérables, l'écriture est considérée comme un art que l'on peut apprendre. Ainsi apparaissent dans la nébuleuse d'attitudes et d'associations centrée sur l'écrivain, des notions qui renvoient à l'éthique du travail et à l'idéal du self-made man. L'écriture, à plus forte raison en tant que technique assimilable, devient un domaine dans lequel on peut prouver sa vaillance, sa fibre, une aire où peut s'obtenir une réussite comparable à toutes les autres réussites, la récompense de l'application et du caractère. L'existence à travers l'Amérique entière d'écoles, de cours, d'ateliers et de "writer's colonies" (des centres de séjours financés par des mécènes dans l'espoir d'améliorer la littérature américaine en bonifiant les conditions de vie des auteurs), suggère que l'art littéraire n'y est pas considéré comme une histoire d'inspiration divine et d'élection aléatoire par le Destin, mais en termes d'apprentissage, de travail et de perfectionnement, comme un artisanat.
(p. 30)

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