mercredi 1 décembre 2010

Roseline Tremblay, L'ÉCRIVAIN IMAGINAIRE; essai sur le roman québécois 1960-1995, Montréal, Éditions Hurtubise HMH, 2004, 600 pages

Dans Intérieurs du Nouveau Monde, Pierre Nepveu analyse certaines idées préconçues au sujet de la littérature américaine - états-unienne, canadienne et québécoise - et en dénonce le point de vue quelquefois raccourci. Il préfère chercher la source de l'anti-intellectualisme dans le manque de l'Europe et dans la solitude du rêve américain. En comparant un à un les romans qui mettent en texte le discours sur l'écrivain et l'écriture, on voit apparaître en effet un être profondément solitaire, qui veut faire oeuvre intellectuelle à l'encontre d'un environnement physique et d'un espace négateurs d'une sociabilité cohérente et consensuelle par excès de vastitude; un territoire dont l'immensité, loin d'être stimulante, est la réitération de la condition de l'homme qui cherche depuis son origine à communiquer, à bâtir et à se dire à travers une culture qui puisse le mettre en contact avec l'Autre. L'arrachement de l'Europe reste un écueil, une blessure dont la littérature porte la trace.
(p. 380-381)

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