mercredi 1 décembre 2010

Roseline Tremblay, L'ÉCRIVAIN IMAGINAIRE; essai sur le roman québécois 1960-1995, Montréal, Éditions Hurtubise HMH, 2004, 600 pages

Le fait de savoir que tel détail de l'information romanesque a des sources biographiques qui amènent à mieux connaître la vie de l'auteur - vie qui, dans le cas d'auteurs contemporains, est souvent de notoriété publique - relève de l'anecdotique. Le caractère autobiographique de la figure ne confère ni plus ni moins de valeur au texte; d'une certaine manière, tout écrivain écrit à partir de ce qu'il connaît. Par ailleurs, on ne peut nier que les plus grandes figures d'écrivain fictif sont souvent d'inspiration autobiographique, même si, du strict point de vue philosophique, dire qui l'on est pose déjà problème. Ce n'est pas rare qu'un personnage a le même âge, exerce la même profession, habite le même quartier ou a fait les mêmes voyages que son auteur, qu'il est, de fait, son double. Même s'il porte le nom de l'auteur, il est toujours "autre". L'auteur peut investir en lui sa propre subjectivité en lui attribuant des traits d'identité civile opposés aux siens, et le roman contemporain ne manque pas de mettre toutes ces nuances à son programme, notamment à travers l'autofiction.
(p. 477)

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