vendredi 13 août 2010

Dominique Maingueneau, LE DISCOURS LITTÉRAIRE, Paris, Armand Colin, 2004

C'est renoncer au fantasme de l'œuvre en soi, dans sa double acception d'œuvre autarcique et d'oeuvre au fond de la conscience créatrice; c'est restituer les œuvres aux espaces qui les rendent possibles, où elles sont produites, évaluées, gérées. Les conditions du dire y traversent le dit et le dit renvoie à ses propres conditions d'énonciation (le statut de l'écrivain associé à son mode de positionnement dans le champ littéraire, les rôles attachés aux genres, la relation au destinataire construite à travers l'œuvre, les supports matériels et les modes de circulation des énoncés...). Dès lors qu'on ne peut séparer l'institution littéraire et l'énonciation qui configure un monde, le discours ne se replie pas dans l'intériorité d'une intention, il est force de consolidation, vecteur d'un positionnement, construction progressive, à travers un intertexte, d'une certaine identité énonciative et mouvement de légitimation de l'espace même de sa propre énonciation.
(p. 34)

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